TOGO: Entretien avec M. Pawoubadi PIDABI , Maire de la commune Kozah 1″…Nous devons développer notre commune et tirer les autres car nous sommes la capitale régionale; …Il faut aussi que la population puisse comprendre le bien-fondé de la décentralisation; Cette population sente que la décentralisation a apporté un plus dans son vécu quotidien.. »

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La région de Kara est à 420 kilomètres de  Lomé. Au coeur de la préfecture de la Kozah, nous découvrons une ville qui permet de rayonner vers les nombreux sites naturels et culturels de la région dont le paysage Koutammakou, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.Elle dispose également  d’unenature pittoresque qui vous accueille avec toute sa générosité. La décentralisation agissante a morcelé cette préfecture au paysage merveilleux en quatre communes : Kozah 1.Kozah 2, Kozah 3 et Kozah 4. Depuis les élections locales du 30 juin 2019, elles disposent des Conseillers municipaux. Des Maires et leurs adjoints élus par leurs pairs ont la lourde responsabilité de chapeauter l’exécutif  municipal. La rédaction  de L’agence de presse en ligne « PLANETEINFOS » est allée à la rencontre  de  M. Pawoubadi PIDABI (photo), Maire de la commune Kozah 1. La commune Kozah1 est  composée des cantons de Landa, Soumdina, Lassa et Lama.M. Pawoubadi PIDABI  est l’invité de la rédaction de cette semaine .Les  questions liées à la commune ont été évoquées  : bilan, perspectives, atouts et développement . Voici en intégralité l’interview que nous lui avions accordé .Lisez plutôt !!!!

Bientôt un an que vous êtes à la tête  de la commune de la Kozah 1. Un petit bilan

Merci pour l’opportunité que vous nous offrez  pour partager avec vous quelques infos liées à la gestion de notre commune depuis quelques mois bientôt un an. Les élections se sont déroulées,  le 30 juin 2019, mais nous avons pris effectivement fonction en octobre. Dans quelques mois nous allons boucler un an d’activité à la tête de notre commune. Parlez d’un bilan en  moins d’une année, peut paraitre précoce mais le bilan c’est ce que nous avons pu faire. Dans ce sens ce que nous pouvons dire  vous pouvez imaginer ; nous avons un mandat de six (6)  ans et si nous voulons vraiment amorcer le travail qui est le nôtre au niveau du conseil municipal il faut d’abord s’organiser et c’est bien ce que nous avons commencé par faire depuis que nous sommes là. Donc notre bilan tourne  autour des aspects essentiels           administratifs et organisationnels. Administratifs parce que, d’abord nous sommes venus trouver une administration qui est là : il fallait faire l’état des lieux, ce que nous avons fait pour donner un nouveau souffle pour qu’il soit capable d’animer la vie de notre commune, ensuite  il faudrait que nous puisons nous donner des outils de travail du point de vue organisationnel  après avoir adopté notre budget en décembre 2019. C’est un budget que nous avons validé en  référence au budget de l’année antérieure. Mais j’avoue que nous avons tenté de nous informer, de trouver les outils nécessaires qui permettent d’élaborer ce budget, afin qu’il soit participatif. Il faut cela en matière de gestion communale. Nous n’avions pas véritablement des précisions sur les données chiffrées pour établir un budget en tant que tel, mais il est là et nous sommes en train de  le conduire  et nous exécutons. Nous pensons que l’année prochaine, nous aurons  le temps  de nous donner un budget véritablement opérationnel pour le développement de notre commune.

M. Pawoubadi PIDABI (photo), Maire de la commune Kozah 1

Quelles sont vos perspectives ?

Apres ce budget nous avons travaillé pour notre plan  de développement communal  c’est l’avantage que nous avons sur certaines communes. Ce plan de développement communal couvre une période de 5 ans. Nous l’avons décliné en un Plan de Travail Annuel (PTA). Un PTA que nous avons validé en mai dernier au cours de notre première session de l’année. Aujourd’hui, nous disposons d’un plan de travail annuel qui constitue un peu notre boussole pour l’année 2020 – 2021 (juin2020 – mai 2021). Voilà le premier outil. Ensuite, récemment lors de notre dernière session du mois de juillet, nous avons élaboré un document  de référence tarifaire ou nous avons demandé les différents taux des taxes, redevances,  amendes  et produits afin de nous permettre de lever toutes les ressources nécessaires  à la mise en œuvre de nos ambitions de développement. Voilà les outils essentiels que nous nous sommes donnés. Vous comprenez comme je l’ai dit tantôt ; nous sommes dans une démarche d’organisation et d’opérationnalisation  de notre administration. En dehors comme bilan, sur le terrain  nous nous sommes attaqués un peu à la question de la salubrité. Vous savez que nos villes ont un problème crucial de gestion d’ordures ménagères. On en produit beaucoup mais le dispositif  de  leur gestion n’est pas toujours efficient ou performant. Nous avons commencé à travailler sur le terrain et la population suit, nous entendons renforcer ce travail pour assainir notre ville.  Au-delà cela nous avons déjà, dès la fin de l’année 2019, sur le terrain procédé au reprofilage de certaines rues de notre ville. C’est peu mais  ce sont des actions  importantes. Voilà un peu ce nous avons pu faire en terme de bilan.

Les perspectives : nous devons nous donner les moyens de commencer par mettre en œuvre tous les projets de développement que nous avons mentionnés dans notre PTA et nous comptons également sensibiliser la population à la nouvelle donne de la décentralisation afin qu’elle se mobilise autour des projets que nous allons initier parce que tout doit se faire en synergie. Nous allons sensibiliser également les bonnes volontés, les opérateurs économiques, les partenaires en développement au niveau local, national et international. Il y a des partenaires classiques qui nous accompagnent et nous allons continuer faire le plaidoyer afin qu’ils poursuivent ces accompagnements  autour de notre commune.

Sur une période d’un mois vous êtes appelés à  se former sur un certain nombre de thématiques comme la passation des marchés publics, la bonne gouvernance et autres …!

Quand on a fait acte de candidature pour être élu, Conseiller parmi les critères, il n’y a pas celui relatif à la maitrise du processus de passations des marchés publics. Or vous savez qu’aujourd’hui, rien ne peut se faire tant que les marchés publics soient préparés,  montés et exécutés. Donc il est important que  les élus  que nous sommes nous puissions être suffisamment informés. C’est vrai qu’on a des connaissances diverses. Certains ont été déjà briefés sur ce domaine mais il y en a qui en ont pas, du tout, connaissance. Cette formation importante pour que nous puissions tous comprendre le dispositif des marchés publics dans notre pays. Nous devons  savoir les différentes étapes et les différentes dispositions afin que les marchés publics soient conduits avec beaucoup d’efficacité.

La covid-19  dans la Kozah 1. Comment cette crise sanitaire est –elle gérée ?

La crise sanitaire est mondiale, elle n’est pas  seulement togolaise. Les ravages qui s’observent ici et là, sont d’une gravité extrême et donc heureusement dans notre pays, les plus hautes autorités ont pris à temps des mesures fortes et cela a permis de maitriser la propagation de cette pandémie. C’est dans la suite de ces mesures prises par le gouvernement qu’il a été mise en place un comité local  de gestion  de la riposte  contre la Covid-19. Le comité préfectoral dont nous sommes membres. Au niveau de la commune, le conseil municipal  a mis en place un comité de veille contre la covid-19 et nous avons mené beaucoup d’actions de sensibilisation. Actuellement, il y a une opération de sensibilisation qui est en cours. Nous l’avons fait au début de la crise sanitaire dans le mois d’avril. Ensuite une deuxième fois avec le concours de certains partenaires et l’étape actuelle est  en cours toujours avec le concours de nos partenaires comme le GIZ. La mairie, elle- même, a déployé quelques moyens pour mettre à  la disposition du personnel et des services partenaires, dans la mesure du possible, les moyens, la logistique, les dispositifs de lavage de mains, les gels hydro alcooliques et des bavettes. Nous l’avons fait au niveau des cantons, dans les villages, les quartiers et des principales artères. Nous avons essayé de partager le peu que nous avons. Nous sommes appuyés par les bonnes volontés et partenaires en développement .C’est le lieu de leur dire Merci pour leurs appuis.

Le respect des gestes dans les marchés et écoles et des lieux de culte. Une idée ?

Absolument je pus vous dire que, jusqu’à plus de deux mois,  le respect des mesures barrières était total dans notre commune, mais après  le débouclage des villes, la population a mal interprété le processus. Il y a eu un relâchement  qui a été ressenti parce  que  la préoccupation  des hautes autorités, c’était d’éviter que l’économie soit asphyxiée. Mais la population a compris que la maladie est partie et nous avons constaté un relâchement. Mais nous avons renforcé la sensibilisation au niveau des marchés  et autres lieux. On a fait en sorte qu’il n’y ait pas d’attroupements en ville, dans les différents coins des marchés nocturnes. Nous avons mené une bataille pour lutter contre tous ces dérapages. La liste n’est pas exhaustive mais nous avons mené beaucoup d’actions. Il y a les différents acteurs : la force anti-pandémique qui également fait bien son travail, le comité de veille de la commune agit lorsqu’il remarque un relâchement sensible dans un endroit donné. Nous alertons la force anti pandémique qui arrive pour dissuader dans le calme et avec pédagogie  les gens. C’est vrai qu’à la reprise des cours, nous avons remarqué que les élevés  dans un premier temps ont commencé à respecter. En salle, le respect est total. Les dispositifs de lavage des mains  sont dans les établissements scolaires.  Les autorités de l’éducation ont pris des mesures  pour que la disposition des élèves soit conforme aux mesures barrières. Et malheureusement, à la fin des cours quand ils sortent dans les rues, vous constatez que certains mettent  les bavettes  au menton et il y en a carrément qui les enlèvent. Ça aussi nous alertons. C’est ce que le comité de veille essaie de faire. La crise sanitaire est bien gérée. Le comité préfectoral  de lutte contre cette pandémie tient des réunions hebdomadaires. Chaque  jour il se retrouve pour faire le point de la situation et voir quelles mesures  à prendre. Tout récemment, ce qui est retenu est qu’il faut mettre  des comités de veille au niveau de plus petite cellule comme les quartiers, les villages et cantons, parce que c’est à ce niveau qu’il   faut agir. Cette semaine cela va être fait avec le concours des responsables de la Santé de notre milieu.

Monsieur le Maire vous menez des activités culturelles qui sont l’identité de votre région. Evala, mais cette année, à cause de la covid-19, Evala sont  annulés. Un coup dur pour la région ?

Oui ! C’est que cette année nous n’avons pas vécu l’ambiance habituelle qui réunit non seulement les habitants  de la Kozah mais pratiquement de tout le pays et même de l’extérieur. C’était une économie qui s’animait pendant cette  période-là.  Cette année les Evalas n’ont pas eu lieu. On ne peut lutter avec les mesures barrières. Ce n’est pas possible. Pour s’affronter dans les arènes il faut le corps à corps lors des empoignades. Vous comprenez qu’on ne peut autoriser cela. Surtout que les Evalas vont venir de partout, du monde entier : Afrique, Europe et autres. C’est un coup dur pour notre économie locale pendant cette  période  mais j’avoue que  c’est de bonne guerre. Il ne fallait pas autoriser cela. Même aujourd’hui, les cérémonies des Kondona où il y a moins de mobilisation de foule  ont réglementées pour éviter  que la pandémie passe par là. Malgré cela,  la Kozah a connu une petite flambée et nous sommes passées à 20 cas. C’est du justement à ce mouvement de personnes qui sont arrivées pour les cérémonies.

Quelques atouts de la région  de la Kozah 1 !

Les atouts de notre commune. Nous sommes une commune de 140 000 âmes. C’est une population importante qui permet d’animer une économie locale et en plus elle est cosmopolite. C’est un brassage et cela  contribue à impulser l’économie locale. Notre commune est au carrefour entre Lomé, la cote  et le Burkina Faso ; entre le Bénin : Parakou, c’est à quelques kilomètres : et du côté du Ghana. Ça fait qu’il y a une interpénétration des opportunités économiques et nous pensons qu’avec le concours de tous les acteurs en développement, nous pouvons évoluer. Il y a le fait aussi que notre  commune a deux visages. Le périmètre urbain (la ville de Kara) et un périmètre rural avec un relief et paysage merveilleux. Nous avons quatre cantons. Ce que nous n’avons pas pu faire en ville pour un certain nombre de raisons, nous pouvons le faire sur l’espace rural pour le développement de notre commune. Il faut dire aussi que nous sommes une ville universitaire ce qui veut que nous  avons de la ressource humaine qualifiée pour le montage de tout ce qui concourt au développement  non seulement de notre commune  mais  du pays. Il  y a également le patrimoine culturel : la fêté des Evala qui est connue au-delà de nos frontières et qui permet de développer des activités économiques. Nous sommes la capitale régionale, c’est un atout. Nous avons l’ambition de tirer les autres. Il y a d’autres patrimoines culturels qu’il  faut restaurer et revaloriser : le tourisme.

Des difficultés dans la gestion de la commune ?

Les difficultés essentielles, c’est les ressources  financières. Nous sommes un conseil municipal bien riche. Il y a des compétences qui sont variées. Notre PTA est bien monté et nous nous battons la mobilisation  des ressources avec les partenaires en développement. Nous continuons les plaidoyers.

Quelles relations établissez-vous entre les trois autres Maires de la préfecture de la Kozah ?

Des relations excellentes. Nous sommes à nos débuts, c’est vrai que nous n’avons pas encore formalisé l’intercommunalité que la loi nous impose mais nous avons d’excellentes  relations de travail. Nous nous concertons sur les sujets d’intérêt commun parce qui il y a des questions qui ne peuvent pas être réglées dans une  commune mais globalement au niveau de la préfecture et parfois au-delà de la préfecture. Nous envisageons l’intercommunalité régionale.

Mot de fin ?

Le conseil municipal de la  Kozah 1 est conscient de la responsabilité qui est la sienne en matière de développement de la commune. Nous devons développer notre commune et tirer les autres car nous sommes la capitale régionale. C’est pourquoi nous faisons le plaidoyer pour que  tous les acteurs, partenaires locaux, régionaux, nationaux et internationaux, puissent continuer  par nous soutenir et regarder avec beaucoup de bienveillance les projets que nous allons mettre en œuvre, les accompagner pour donner un autre visage  à notre commune  et donner raison aux plus hautes autorités qui ont vraiment mis du leur pour que la décentralisation soit effective dans notre pays. Il faut aussi que la  population puisse  comprendre le bien-fondé de la décentralisation. Cette population sente  que la décentralisation a apporté un plus dans son vécu quotidien et qu’elle se mobilise autour du conseil municipal. Nous sommes là pour encadrer, impulser. Nous avons les idées, nous allons les mettre sous forme de projets mais il faudrait que la population se mobilise autour de nous pour pouvoir conduire ces projets et en faire des succès.

Merci Monsieur le Maire !

C’est moi qui vous remercie !

LA rédaction

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